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Damien Hirst au Tate Modern : L’expo qui vous retournera l’estomac


Les jeux olympiques sont terminés, on s’est bien défoulé au carnaval de Notting Hill, mais Londres a encore beaucoup à offrir. La ville bouge, et si vous faites un tour par ici, il ne faut pas rater THE exposition de l’année au Tate Modern. Dans une rétrospective des vingt dernières années, Damien Hirst, artiste un peu tordu, expose ses œuvres les plus marquantes.

A Londres, il y a deux catégories de personnes : ceux qui l’ont vue, et ceux qui vont la voir. Vous voulez savoir à quoi vous attendre? Si vous n’avez pas peur du spoil, c’est par ici! En un samedi ensoleillé, je me suis promenée sur le South Bank et ai fait un tour dans l’un de mes musées préférés, le Tate Modern.

En petite cigale organisée que je suis (LOL), j’avais acheté mes billets quatre heures avant sur internet, pour pouvoir les collecter a l’accueil et éviter cette queue :


Il y avait une bonne heure d’attente. Moi ca m’a pris 10 secondes (woop woop!).

Un début soft, mais déroutant…

L’expo de Hirst est une ascension, On traverse toutes les émotions. Mon estomac en a pris un coup, ça je vous le dis…

L’expo commence doucement.  Un sèche-cheveux avec une balle de ping-pong (« What comes up must go down »), des médicaments sur une étagère, des poissons morts dans une vitrine… Non, donnons un peu de crédit au mec. Des poissons individuellement mis dans des boites de formol, tous alignés et se dirigeant dans un même sens – « gauche ». Plus loin, on retrouve les mêmes poissons, mais se dirigeant vers la droite. Je suis perplexe…

« Isolated elements swimming in the same direction for the purpose of understanding (left) »

On rentre rapidement dans le gore…

La photo de Hirst souriant à côté de la tête d’un homme mort aurait du me mettre la puce a l’oreille.

Quelques pas plus tard, j’ai failli vomir – oui, si près du début. Je n’avais jamais vu une tête de bœuf d’aussi près. Je veux dire, détachée du corps de la bête et dégoulinant de sang. Parce que c’est ce qu’on retrouve dans « A thousand years » – Une tête de bœuf, dans une grande boite en plexiglas, avec des mouches qui s’abreuvent du sang de la pauvre bête, pour finir électrocutées quelques centimètres plus loin. Le cercle de la vie (soupir). Je vous épargne la photo.

On continue dans le gore? Allez, on continue! Nous sommes si bien lancés.

Après quelques moutons dans du formol je rencontre la star de cette expo : la vache. Avez-vous jamais rêvé de traverser une vache? Votre rêve deviendra réalité.
Damien nous a fait le plaisir de séparer les deux moitiés d’une vache – et de son veau – dans deux boites de formol, permettant au visiteur de traverser la vache et d’apprécier son anatomie intérieure. Miam.

 « Mother and child »

Entre le beau et le morbide, mon coeur balance…

Ma piece de l’expo preferée – la plus impressionnante,  pleine de vie dans son immobilite:

« The physical immobility of death in the mind of someone living »

Il est difficile de traduire sur papier la sensation qu’on a en voyant un requin blanc de plus de cinq mètres de long trôner au milieu d’une pièce, à quelques centimètres de soi. Le requin a l’air vivant. C’est comme si le temps s’était arrêté, fixant l’animal dans son élan. On ne peut s’empêcher de penser « Et s’il s’échappait ».

Si vous ne deviez aller voir l’expo que pour une pièce, ce serait celle-là.

Hirst a cette faculté de donner l’illusion de mouvement alors que tout est immobile. Il fascine, et malgré le côté gore de ses œuvres, on ne peut s’empêcher d’être captivé.

Tout est beau et morbide à la fois.

Enfin, la beauté pure?

Hirst semble être obsédé par la beauté de la mort. Ses mosaïques de papillons en sont le témoignage. Elles s’étendent sur plusieurs mètres de haut, et donnent encore une fois cette vision immobile de la vie.
Des couleurs vives, organisées avec précision, délicatesse et soin font des pièces magnifiques. Je n’ai pu m’empêcher d’imaginer Hirst élever ces papillons, et leur décrocher les ailes une à une, pour former cette mosaïque morbide.

Après avoir capturé la mort, Hirst finit par célébrer la vie. Une serre pleine de papillons, où on peut les voir sortir de leurs chrysalides, et virevolter librement, se nourrissant des fruits disposés un peu partout dans la pièce. Ils se posent innocemment sur nos épaules, nos mains, et nous rappellent une fois encore que la vie est un cercle.

Ce que j’ai ressenti

En un mot : Intense.

Il s’agit sûrement de l’expo la plus intense que j’ai été donnée de voir. Il est facile de passer à côté de l’aspect artistique de cette expo. On se dit que Hirst est juste pas très clair dans sa tête, et un sadique. Mais l’expo entière est comme un puzzle. Tout est lié, tout fait sens.  Hirst célèbre la vie, souvent à travers la mort. En homme de science, il aime décortiquer et observer l’intérieur des choses.  Chaque être vivant est une poésie pour lui.
Et l’être humain n’est pas épargné, le cendrier géant plein de mégots et les étagères de médicaments montrent que nous aussi, soit nous luttons pour rester en vie, soit nous nous tuons à petit feu.
Une expo différente, qui ne vous laissera pas de marbre…

L’expo Damien Hirst a lieu jusqu’au 9 septembre, au Tate Modern, à Londres

 

Written by Jacyra

Passionnée de musique, communication, culture urbaine et web. Stalkeuse professionnelle, je suis incollable sur tous les gossips, clashes… 90’s addict, je me transforme en états-unienne quand j’en ai l’occasion !