Groovy Interview – Tito Prince // LPDTN. Mr Changement – Tito Prince Full view

Groovy Interview – Tito Prince // LPDTN.

A l’occasion de la sortie de son EP « Les Prémices de Toti Nation » nous avons interviewé Tito Prince, l’avenir du rap français.

GB : Le 24 est sorti ton projet « Les prémices de Toti Nation » , est-ce que tu peux nous expliquer cet EP ?

TP: On va d’abord parler du titre, il s’agit de mon album « Toti Nation » que j’ai annoncé il y a quelques mois. Comme la sortie est retardée, je me suis dit que j’allais sortir un projet pour le public qui me suis et leur donner une petite partie de cet univers. Pour qu’il découvre les instrus, les textes que j’aborde…Ce sont des prémices que je donne au public, en attendant mon album qui arrive juste après.

GB: Cela fait depuis 2007 qu’on entend parler de toi, tu as collaboré avec pas mal d’artistes comme Ol’ kainry, Disiz…Tu as crée le buzz avec ton clip « Godson Power » et ton EP « Un prince dans un HLM ». Aujourd’hui, en 2014, tu sors ton nouvel EP. Comment ressens-tu cette évolution ?

TP: Dès le début, j’ai était très bien entouré dans le milieu. Même dans mon morceau « Reconnaissance«  je le mentionne…Et pourtant ça n’a pas pris tout de suite. En effet, le public a mis du temps à valider et à comprendre mon délire. J’ai un univers différent de ce qui se fait, et ça a mis du temps pour que je m’installe dans le rap français. Ce qui m’a fait prendre du temps, c’est aussi la vie que je menais à côté, à l’époque j’étais très « rue », très « la vie de mon quartier » et ça m’a fait perdre du temps avant que je ne commence quelque chose de sérieux. C’est pour cela que ma tape « Avant d’exister » n’est arrivée qu’en 2012. J’ai sorti cette tape avec mes moyens, en une semaine on a eu 5000 téléchargements et en un peu plus d’un mois 15 000 téléchargements. A ce moment là, j’ai pris conscience de l’ampleur du projet, et je me suis rendu compte que les gens m’écoutent. J’ai regardé autour de moi, les autres rappeurs qui sortaient des tape gratuites, même des artistes signés en label n’atteignaient même pas 15 000 téléchargements. J’ai pu attiré les grands du milieu comme Disiz, Ol’ Kainry…qui m’ont bien conseillé, et grâce à cela j’ai pu sortir mon EP. Je savais qu’il fallait frapper un grand coup donc j’ai sorti « Godson Power » et ce morceau a fait le taf !

GB: Comme tu dis tu t’es bien entouré, tu as travaillé avec Mim sur « Godson Power », Tout le monde parle de Tito Prince, et on ne peut pas le nier tu as un flow détonnant, et tes paroles sont recherchées. On sait que ton inspiration est autobiographique, mais artistiquement parlant quelles sont tes influences ? Quels sont les artistes qui t’ont influencé ?

TP: Au niveau des textes, je dis toujours que les cainris disent n’importe quoi, je me fis pas à eux pour mes paroles. Mais la façon dont il raconte leur messages m’influence beaucoup. Tous les artistes que signe DR. DRE, c’est vraiment ma came. Snoop dans ses débuts, 50, Emimem, The Game avec l’album « The Documentary », même Kendrick Lamar aujourd’hui. Ils racontent tous bien leur histoire, des fois ce sont des histoires que les gens ne vivent même pas ; mais tellement que c’est bien raconté, tout le monde peut écouter et s’identifier. Ce sont des artistes qui m’ont donné de l’inspiration. Après j’écoute de tout, j’écoute des musiques de chez moi du Congo (RDC) ; beaucoup de Gospel et de musique Soul aussi pour m’inspirer dans mes refrains.

GB: Sur certains morceaux tu ne fais pas que raper, tu chantes aussi ?

TP: Oui je chante. Je chante un tout petit peu, j’ai grandi dans une famille très spirituelle, très chrétienne ; donc à la maison il y avait tout le temps du Gospel. J’ai grandi en écoutant du Michael Jackson… ce n’est pas du Gospel…mais bon on se comprend (rires). Depuis petit je chante un petit peu. Mais chanter ça se travail, donc dans mes premiers projets je n’ai pas trop voulu faire des refrains chantés et j’ai amené ça petit à petit….et là pour mon album je compte montrer toutes les facettes de Tito Prince et toutes les qualités actuelles que j’ai.

GB: Dans ton morceau « Jeune. Mentalité de Riche » tu dis :

Jveux plus vivre dans le passé nan, donc j’écris au futur ça efface mes antécédents […] Jbosse pendant que mes potes sont en club, mais bon j’préfère écrire les musiques sur lesquelles ils vont ser-dan. 

Souvent dans tes textes tu montres que tu as vraiment envie de réussir, comme tu le dis tu « bosses hard », dans tes textes tu le montres mais sans tomber dans les clichés contrairement à d’autres rappeurs, comment expliques-tu cela ?

TP: C’est vrai que j’essaie de faire de belles punchlines comme celle-ci, après je pense que dans mes textes on sent que c’est réel. J’en ai marre de parler des autres rappeurs, mais il y en a certains qui disent qu’ils bossent hard, mais ils n’utilisent pas la bonne manière pour l’exprimer, ça ne se voit pas qu’ils bossent hard. Ils sont dans des clips avec de belles voitures…etc ça ce n’est pas bosser hard. Pour moi bosser hard c’est vraiment chercher à apporter quelque chose de nouveau, et non pas seulement pour soit même. L’exemple il est au Etats-Unis, pour moi des gars comme Drake, Master P, Dre, Diddy ou encore Jay-Z (même si je ne partage pas ses idées) ; ces mecs là travaillent, ce sont des businessmen. C’est pour cela que je dis même si mes potes sont en club, je préfère écrire sur la musique sur laquelle ils vont danser, car pour moi ils perdent leur temps et ils ne le savent même pas.

Moi je préfère bosser hard, être concentrer à travailler, parce qu’on a rien ici et il n’y a personne pour nous tendre la main non plus. Il faut changer plein de choses. Ce n’est pas un mouvement Black Power (rires), c’est juste que dans la société, tous ceux qui n’ont rien, il faut qu’ils changent les choses. Après on peut ressentir beaucoup d’influences Black Power, même dans ma coupe de cheveux ; car c’est un combat qui m’inspire sur comment combattre. Aujourd’hui ce n’est plus le même combat, ça ne concerne pas que les renois, cela concerne tous ceux et celles qui sont de la classe basse par rapport aux autres. Cette histoire m’inspire car ils sont su gagné quelque chose de leurs combats.

Le morceau « Jeune mentalité de riche « , c’est un sujet où les gens qui me connaissent vont dire «Oh mais toi t’es comme les autres tu parles d’argent»… tout ça ! Mais en fait non, on a le droit de penser à l’argent, mais d’une façon différente des autres.Quand tu écoutes le morceau, tu vas voir que je te parle d’argent mais avec des valeurs, avec un but précis et c’est pour cela que tu sens que mon envie de réussite est différente.

GB: J’aime beaucoup la pochette de ton EP, ça fait un peu chef d’état; où tu présentes et utilises le mot « nation ». Quelles sont les valeurs de cette « Toti Nation » ? De plus, sur ta page Facebook tu as une fois écrit « Préparons-nous à la vérité », qu’est-ce que cela signifie ?

TP: Pour moi, dans le rap d’aujourd’hui, il faut comprendre que chaque artiste, chaque personne influente a une fanbase, des personnes qui les écoute…Il faut que tous ces artistes appellent son public à penser comme eux, à suivre leurs idées. En quelques sortes, ils sont au commandement d’une nation. En plus je suis très spirituel aussi, tu verras également sur mon Facebook j’ai écris une de mes inspiration qui m’est venue du Psaume 2-8.

Psaume 2-8 : « Demande-moi et je te donnerai les nations pour héritage, Les extrémités de la terre pour possession »

 

cover LPDTN - Tito Prince mdef

J’ai fait le rapprochement avec ce psaume et quand tu es influent il y a plusieurs nations qui existent. La nation de la musique, du football, du divertissement…Ce n’est pas que de la politique. Et en tête de chacune de ces nations, il y a personnes que je connais, donc je me suis dit je vais faire de la musique ma nation. Quand je dis « Préparons-nous à la vérité », c’est que mon public en a marre de ce qui se fait aujourd’hui, des trucs qui ne leur font pas avancer…mais bon après il faut aussi qu’il y ait de la musique pour qu’ils se divertissent.

« Jeune. Mentalité de riche », est un morceau conscient, mais aussi banger, qui ambiance. Il y en a qui ne vont pas écouter les paroles tellement que le beat est lourd. Pour moi la vérité est de changer les systèmes de pensée. Aujourd’hui tout ramène aux mêmes systèmes de pensée : la drogue, le sexe…tout ce qui nous ralentit. Moi je suis là pour ramener l’inverse et des fondements pour réussir nos life tout simplement. Ce n’est pas juste moi en tant qu’individu qui a réussi, je veux témoigner en montrant qu’on peut y arriver en restant focus sur les vraies choses.

GB: Tu as collaboré avec plusieurs artistes français, est-ce qu’il y a d’autres artistes avec lesquels tu souhaiterais travailler ?

TP: J’aimerai bien collaborer avec Soprano. Il y a Akhenaton aussi, je kiffe son flow jusqu’à aujourd’hui. En chanteur, il y a Corneille et aussi Singuila. J’ai beaucoup écouté Singuila à l’époque, j’aime beaucoup son flow, il a réussi à amener des intonations cainri avec la langue française, comme Jango Jack ou encore Matt Houston à l’époque.

GB: En conclusion, quels conseils tu peux donner aux jeunes artistes qui souhaitent réussir et s’en sortir dans ce milieu.

TP: Tous ceux qui aiment le rap et veulent réussir doivent emmener le rap. C’est comme ce qui s’est fait aux States, c’est le peuple qui a emmener le mouvement, ce n’est pas les médias qui les ont aidé; et ça c’est le meilleur chemin pour que les médias acceptent notre musique. En France, je pense que ça ne se fera pas maintenant, parce que les gens ne se bougent pas assez, tout le monde ne pense qu’à sa gamelle. Moi ma mixtape, je l’ai produite avec mes frais, donc si tu veux quelque chose il faut bosser hard, prendre des risques, et je sais que je n’ai pas choisi le chemin le plus facile, car je veux présenter ma musique et à la fois faire avancer les choses.

Merci à Tito Prince pour cette interview. Regardez son nouveau clip « Mr Changement » issu des « Prémices de Toti Nation » en téléchargement libre sur UpStarzz.

Written by Estelle

Community Manager dans le menswear. Passionnée par la culture Hip-Hop. Danseuse à mes heures perdues et sosie de Beyoncé de dos, dans le noir. J’aime la musique , les Pringles originals, le Fanta à l’orange, les burgers, le nougat, le pecorino... et la série Berverly Hills (sauf Kelly Taylor) !