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#INTERVIEW // Les promesses du sol – Raphaël Stora. Les Promesses du Sol Full view

#INTERVIEW // Les promesses du sol – Raphaël Stora.

Dans sa websérie « Les Promesses du Sol« , Raphaël Stora, danseur et réalisateur, suit pendant plus 10 ans l’univers des battles et les danseurs Hip Hop de la région parisienne. Nous l’avons interviewé pour en savoir plus !

GRBR : Tout d’abord merci d’avoir accepté notre interview, ta websérie « Les Promesses du Sol » a bien été accueillie par le public ainsi que les médias, comment le ressens-tu ?
RS : J’avoue que je suis hyper content de l’accueil du public, et je suis content que ça prenne à la fois chez les gens qui ont une histoire avec la danse mais aussi ceux au-delà de ce monde, ça parle aux néophytes et cela me touche beaucoup. Après, je ne mesure pas vraiment, je vois très peu les gens en vrai, tout est très virtuel.

GRBR : « Les Promesses du Sol », pourquoi avoir choisi ce titre ? (C’est assez fort !)
RS: Le titre vient de ce moment où j’arrivais dans un espace pour danser et qu’avant toute chose je tâtais le sol avec le pied pour sentir sa texture, ce moment où tu testes le sol et qu’il semble te promettre que tu vas déchirer. Et puis, il y a un petit côté romantisme désuet qui caractérise bien cette perpétuelle nostalgie qui habite les danseurs. Enfin c’est un titre qui résonne politiquement, mais ça c’est une autre histoire.

GRBR : Dans cette websérie tu te dévoiles beaucoup, on découvre ta relation intime avec la danse Hip Hop, pourquoi avoir fait ce choix ? (on a adoré)
RS : A la base je voulais faire un film à la Depardon avec que du son direct, je voulais qu’on comprenne tout sans voix off. Mais je me suis rendu compte que je privais aux gens l’accès à la danse, ça restait hermétique pour eux. Il y avait un vrai décalage entre mes images et les moments où je racontais la danse à mes potes. C’est là que le point de vue autobiographique s’est imposé, l’envie de parler au spectateur comme je parlais à mes potes. Il y a aussi une telle richesse dans cette culture que partir de ma subjectivité à été le seul moyen pour moi de restituer les choses honnêtement. Je ne voulais pas faire l’histoire de la danse hip hop, mais juste parler de ce que j’avais aimé à l’intérieur, parler des détails, des gestes, plus que des dates et des chiffres. Je voulais pas me cacher derrière le « Nobody’s point of view » soit disant objectif, pour moi il y a jamais d’objectivité dans les films donc autant être complètement subjectif.

GRBR:  Tu as beaucoup dansé, avec ton crew Section C, tout seul en battle. Tu as également arrêté pendant un moment; et malgré tout tu continues à danser. La danse est-elle une addiction ? (Cela peut-être un sujet de Bac Philo)
RS: Oui la danse est une vraie drogue, je te le confirme mais une drogue saine si tu arrives à faire respirer un peu tout ça. Ça peut être oppressant aussi de parler de danse matin midi soir.

GRBR : La notion d’archive dans la danse Hip Hop est selon nous une question primordiale. En effet, tout le monde filme aujourd’hui, il ne faudrait pas penser à stocker tous ces contenus ?
RS: Je veux pas spoiler mais si tu regardes la conclusion de mon film je dis un peu l’inverse, du moins j’émets mes réserves sur l’urgence de filmer la danse, je trouve que justement à l’heure où l’image est omniprésente, la danse (hip hop) reste une des culture qui reste insaisissable et du coup complètement subversive. Filmer c’est aussi capturer, c’est vouloir enfermer quelque chose dans une boîte, et capturer c’est aussi tuer.

GRBR : Si tu devais choisir entre la danse et la vidéo, que choisirais-tu ?
RS: Je peux pas choisir, l’histoire de ma vie !

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GRBR : Question Groovy : Tu es toujours en contact avec les meufs de la fameuse soirée que t’as filmé sur un enregistrement de battle ? 😉
RS : Oui elle s’appelle Lucie Lucas, elle est actrice dans une série télé sur TF1, on a gardé contact elle a bien rit en voyant sa tête.

GRBR : Quel est ton meilleur souvenir en tant que danseur ?
RS: Mon meilleur moment de danse c’est le jour où  on m’a montré comment faire la vague dans une boum en colonie de vacances à Chamrousse en 97.

GRBR : Quel danseur français t’a le plus influencé ?
RS : C’est difficile de citer un seul danseur, il y a Francis Keopaz, Paul Ereck, Ange, Walid, Yugson, Salah… La liste est trop longue.

GRBR : Quel battle regrettes-tu ne pas avoir filmé ?
RS : La question pour moi c’est plus : quel battle a été filmé et dont je n’ai pas retrouvé la cassette ! Pendant tout le documentaire j’ai cherché un battle à Cergy (Rencard’ danse) de 2005 entre Physs et Ndoho…mémorable ! Avec DJ keudj aux platines, je lance un appel d’ailleurs si quelqu’un a ce battle je suis encore preneur ! Il y a plein de battle de cette époque là (2004, 2005, 2006) dont les vidéos sont introuvables parce que c’était le début de l’émergence de Youtube et il n’y avait pas forcément le réflexe de poster tout de suite, il n’y avait pas les smartphones… Et cela a tout changé !

GRBR : Y a-t-il une suite aux « Promesses du Sol » ?
RS : Pour la suite, je me réserve le droit de garder le secret…mais oui je bosse sur quelque chose, mais  ce n’est pas une saison 2.

GRBR : Où est-ce q’on peut te voir danser prochainement ?
RS : Je vais faire le Meltin G , un battle organisé par les Sarcellites qui aura lieu le 1 juillet, encore faut il que je passe les présélections ! 😉 (c’est à dire demain !)

Retrouvez les 8 épisodes  sur arte.tv/promessesdusol. (Une co-production Arte & Darjeeling)

Written by Estelle

Community Manager dans le menswear. Passionnée par la culture Hip-Hop. Danseuse à mes heures perdues et sosie de Beyoncé de dos, dans le noir. J’aime la musique , les Pringles originals, le Fanta à l’orange, les burgers, le nougat, le pecorino... et la série Berverly Hills (sauf Kelly Taylor) !